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Investir en SCPI avec une SCI familiale : bonne idée pour transmettre ?

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Dernière mise à jour de l’article le 20 juillet 2025

Investir dans la pierre est un réflexe bien ancré chez les Français. L’immobilier, perçu comme une valeur refuge, séduit pour sa stabilité et sa capacité à générer des revenus réguliers. Parmi les solutions d’investissement immobilier, les SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier) occupent une place croissante, notamment grâce à leur accessibilité, leur rendement attractif et la gestion déléguée qu’elles proposent. Dans le même temps, la SCI familiale (Société Civile Immobilière) est un outil de gestion patrimoniale de plus en plus prisé, notamment dans un objectif de transmission entre générations. Mais alors, est-il pertinent d’associer ces deux véhicules pour optimiser la transmission du patrimoine ? Cette question soulève à la fois des enjeux fiscaux, juridiques et patrimoniaux qu’il convient d’examiner avec précision.

Comprendre les mécanismes de la SCPI et de la SCI familiale

Avant de s’interroger sur l’intérêt de combiner SCI et SCPI, il est essentiel de bien comprendre comment fonctionnent chacun de ces deux dispositifs. Une SCPI est un produit d’épargne immobilière collectif : elle collecte des fonds auprès d’investisseurs particuliers ou professionnels afin d’acquérir un portefeuille diversifié de biens immobiliers (bureaux, commerces, logements, etc.). En contrepartie, les investisseurs perçoivent des revenus fonciers proportionnels à leur participation, tout en étant totalement déchargés de la gestion opérationnelle.

La SCI familiale, quant à elle, est une structure juridique permettant à plusieurs membres d’une même famille de détenir ensemble un patrimoine immobilier. Elle facilite la gestion collective, permet une certaine souplesse dans la répartition des droits entre associés, et surtout, offre des avantages fiscaux en matière de donation et de succession. Elle est souvent utilisée comme une stratégie patrimoniale sur le long terme.

Associer SCI familiale et SCPI : comment cela fonctionne-t-il ?

L’association entre ces deux dispositifs est tout à fait possible. Il s’agit alors d’investir en SCPI par le biais d’une sci, c’est-à-dire que c’est la SCI, en tant qu’entité juridique, qui devient associée de la SCPI. Cette SCI familiale peut ensuite être constituée de plusieurs membres d’une même famille : parents, enfants, voire petits-enfants. Ce montage, en apparence complexe, est en réalité relativement simple à mettre en place, et surtout, redoutablement efficace en matière de transmission patrimoniale.

La SCI familiale peut acheter des parts de SCPI en numéraire, ou grâce à un crédit immobilier. Les revenus perçus par la SCPI (loyers) sont ensuite distribués à la SCI, qui les redistribue à ses propres associés selon la répartition du capital social. Ce schéma permet ainsi de bénéficier de la rentabilité des SCPI tout en profitant de la souplesse juridique qu’offre la SCI.

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Les avantages d’une telle stratégie patrimoniale

Optimisation de la transmission grâce à la donation des parts de la SCI

L’un des principaux atouts de la SCI familiale est la possibilité de transmettre progressivement le patrimoine via des donations de parts sociales. Plutôt que de transmettre directement les parts de SCPI à ses enfants — ce qui peut être lourd fiscalement — le parent détenteur des parts de la SCI peut donner des parts de celle-ci, tout en conservant la gestion.

Grâce aux abattements fiscaux renouvelables tous les 15 ans, il est possible de transmettre une partie du patrimoine sans droits de donation, dans des proportions intéressantes. Par exemple, chaque parent peut donner jusqu’à 100 000 euros à chaque enfant sans être imposé, et cela tous les 15 ans.

Maîtrise et contrôle de la gestion du patrimoine

Avec une SCI, les parents peuvent rester gérants de la structure, même s’ils ne détiennent plus la majorité des parts. Cela signifie qu’ils conservent le contrôle des décisions relatives aux actifs de la SCI, notamment l’acquisition ou la cession de parts de SCPI, la répartition des revenus, ou encore les arbitrages patrimoniaux. C’est un outil de transmission progressive sans perte de contrôle.

Souplesse de fonctionnement et adaptabilité

La SCI permet également d’introduire des clauses spécifiques dans les statuts, comme la clause d’agrément (qui impose l’accord des autres associés pour l’entrée d’un nouvel associé), ou encore des modalités de répartition différentes des bénéfices. Ce cadre contractuel flexible peut s’avérer très utile pour adapter la stratégie patrimoniale aux objectifs de chaque famille.

De plus, en investissant dans une ou plusieurs SCPI via une SCI, les membres de la famille peuvent mutualiser leur épargne pour accéder à des produits de qualité, parfois réservés à des tickets d’entrée plus élevés.

Des limites à considérer avant de se lancer

Complexité administrative et comptable

Créer et gérer une SCI suppose une certaine rigueur administrative. Il faut rédiger des statuts, tenir une comptabilité, organiser des assemblées générales, déclarer les revenus… Cette charge administrative, bien que relativement légère si la SCI est simple, peut tout de même représenter une contrainte pour des investisseurs peu expérimentés.

Par ailleurs, la SCI imposée à l’impôt sur le revenu (IR) voit ses revenus fonciers imposés entre les mains des associés, au prorata de leur participation. Cela peut entraîner une fiscalité lourde, en particulier si les revenus fonciers sont élevés et que les associés sont déjà fortement imposés. Il est aussi possible d’opter pour l’impôt sur les sociétés (IS), mais cette option présente d’autres implications qu’il faut bien analyser.

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Fiscalité de la SCPI via une SCI

Les SCPI génèrent des revenus fonciers imposables, même s’ils ne sont pas retirés en cash par la SCI. Or, en étant logés dans une SCI, ces revenus seront imposés comme s’ils étaient directement perçus par les associés, sauf en cas d’imposition à l’IS. Cela peut alourdir la fiscalité globale de l’opération. Il est donc indispensable de réaliser une simulation fiscale préalable pour ne pas avoir de mauvaise surprise.

Moins de liquidité que prévu

Bien que les parts de SCPI soient plus liquides que l’immobilier physique, elles ne sont pas aussi liquides qu’un produit financier classique. De plus, la présence d’une SCI entre l’investisseur et la SCPI peut ralentir les démarches de cession ou de revente. Il faut parfois convoquer une assemblée générale ou obtenir un agrément pour vendre des parts de la SCI, même si celle-ci ne détient que des SCPI.

Quelle stratégie adopter pour une transmission efficace ?

Anticiper la succession dès la constitution de la SCI

Il est toujours plus avantageux de penser la transmission en amont. En intégrant les enfants dès la création de la SCI, il est possible de limiter la fiscalité à venir tout en installant un climat de transparence et de confiance. De plus, cela permet aux plus jeunes membres de la famille de se familiariser avec la gestion d’un patrimoine.

Mixer démembrement et donation

Une technique fréquemment utilisée consiste à démembrer les parts sociales de la SCI : les parents conservent l’usufruit (le droit de percevoir les revenus), tandis que les enfants reçoivent la nue-propriété (le droit de devenir pleinement propriétaires au décès des usufruitiers). Ce mécanisme permet de transmettre à moindre coût tout en maintenant les revenus au niveau des parents. Il est particulièrement adapté dans un contexte d’investissement en SCPI, où les flux de revenus sont réguliers.

Évaluer le bon niveau d’endettement

Investir en SCPI via une SCI familiale à crédit peut amplifier les effets de levier patrimonial, mais cela suppose aussi une gestion rigoureuse des remboursements. Il est donc conseillé de ne pas surendetter la SCI et de bien évaluer la capacité de la structure à faire face à ses échéances. Les revenus des SCPI, bien que réguliers, ne sont jamais garantis.

Exemples concrets d’utilisation réussie

Prenons l’exemple d’un couple de 55 ans, avec deux enfants majeurs. Ils créent une SCI familiale et y apportent un capital de 200 000 € pour acheter des parts de SCPI diversifiées (bureaux, santé, résidentiel européen). Les enfants reçoivent immédiatement 25 % des parts chacun, dans le cadre d’une donation exonérée. Les parents conservent la majorité, ainsi que la gestion. Chaque année, la SCI redistribue les revenus générés par la SCPI à ses associés. Progressivement, les parents effectuent de nouvelles donations, tout en gardant la main sur les décisions. À leur décès, les enfants deviennent pleinement propriétaires, sans avoir à payer de droits importants.

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Ce modèle est duplicable, à condition d’être bien conseillé. Il permet de transmettre un capital, des revenus et une logique de gestion.

Une solution qui s’intègre dans une stratégie patrimoniale globale

Combiner SCPI et SCI n’est pas une solution universelle, mais elle s’adresse particulièrement aux familles qui souhaitent structurer leur patrimoine intelligemment, transmettre efficacement tout en gardant le contrôle, et optimiser la fiscalité à moyen et long terme. Cela suppose de bien comprendre les mécanismes en jeu, et souvent, de se faire accompagner par un notaire ou un conseiller en gestion de patrimoine.

Il est également judicieux de diversifier les SCPI détenues dans la SCI : SCPI de rendement, SCPI fiscales, SCPI européennes, pour bénéficier d’une exposition équilibrée et adaptée au profil de risque de la famille.

Investir en SCPI avec une SCI familiale représente une stratégie patrimoniale puissante lorsqu’elle est bien pensée et bien exécutée. Elle permet de combiner la rentabilité d’un placement immobilier sans les tracas de gestion, avec les atouts d’une structure juridique souple pour organiser la détention collective et la transmission. Toutefois, elle nécessite une bonne anticipation, des conseils avisés et une connaissance approfondie des enjeux fiscaux et juridiques. Bien utilisée, cette combinaison peut s’avérer être une réponse élégante et efficace aux défis contemporains de la transmission familiale.

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