Austérité et performance : Dernière ligne droite avant l’épuisement ?

Austérité et performance :  Dernière ligne droite avant l’épuisement ?

[…] L’entreprise de Soi a deux visages, celui, triomphant, de la réussite sans vergogne, celui, déprimé, de l’échec face à des processus immaîtrisables et des techniques de normalisation. Oscillant entre dépression et perversion, le néosujet est condamné à se faire double : maître de performances que l’on admire et objet de jouissance que l’on jette.

Extrait de Pierre Dardot et Christian Laval (2009-2010) La nouvelle raison du monde : essai sur la société néolibérale. (p. 409) La Découverte/Poche. Paris.

Capture d’écran 2017-03-15 à 18.23.36Le CREMIS et la Chaire de recherche du Canada sur les inégalités sociales et les parcours de vie sont heureux de vous inviter à un atelier de débats et d’échanges sur les effets de l’austérité et de la norme de performance sur nos expériences du temps.

Cet atelier se propose de réunir praticiens, étudiants, chercheurs et décideurs pour débattre autour de ces questions : productivité, autonomie, compétition, accélération, épreuve du temps, performance, néolibéralisme, néo-management, précariat[1]. Autrement dit, il s’agit d’ouvrir un espace d’échanges à tous ceux sur qui viennent se poser des injonctions accélératives. Et nous-mêmes, parfois, redéposons cette même charge sur les autres. Par choix ou sous la contrainte. Toujours au nom de la réussite !

Dans le cadre de cet atelier, Robert Bastien et Cécile Van de Velde prendront 45 minutes pour poser les bases de cette matière à penser.

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[1] Cette matière à réflexion provient principalement du dernier livre traduit en français du sociologue allemand Hartmut Rosa intitulé Aliénation et accélération. Vers une théorie critique de la modernité tardive. [Éd] La Découverte. Paris. 2012-2014.

23 mars 2017

De 13h30 à 16h – Au CREMIS

66 Sainte-Catherine Est, Montréal

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Cécile Van De Velde

Je suis Cécile Van de Velde, sociologue et titulaire de la Chaire de Recherche du Canada sur les inégalités sociales et les parcours de vie. Dans mes différentes enquêtes, plusieurs sujets me tiennent à cœur : le sort de la jeunesse, les mutations des âges de la vie, l’évolution des rapports entre générations, ou encore les différentes expériences de la solitude et de l’isolement à différents moments de la vie. Je m’intéresse à ces sujets en comparaison internationale, afin de mieux saisir les dimensions de nos parcours de vie qui convergent au delà des frontières, mais aussi ce qui les différencie, entre les sociétés, les sexes, les milieux sociaux ou les âges. Avec cette approche, je tente de répondre à une interrogation de fond : comment les politiques publiques structurent l’évolution de nos parcours de vie et leurs inégalités depuis la crise? Sur ces questions, j’ai écrit plusieurs articles, chapitres et ouvrages (vous en trouverez la liste ici), dont « Devenir adulte. Sociologie comparée de la jeunesse en Europe » (2008), et « Sociologie des âges de la vie » (2015). Je finalise actuellement une recherche sur les « colères » du XXIème siècle et leur signification sociale, en comparant notamment quatre mouvements sociaux de jeunesse, qui ont eu lieu ces dernières années à Madrid, Montréal, Santiago du Chili et Hong-Kong. Mon objectif est de mieux repérer les nouvelles tensions dans les parcours des jeunes générations depuis la crise, et j’aurai l’occasion d’y revenir au sein de ce blogue.